Sommaire
- Qu’est-ce que la gonarthrose ?
- Objectif du traitement : soulager et préserver la fonction
- L'infiltration du genou : en quoi consiste-t-elle ?
- Les principaux types d'infiltration : bénéfices, limites et statut des preuves
- Risques, effets secondaires et contre-indications
- Avant, pendant et après l'infiltration
- Les alternatives et compléments aux infiltrations
- Quand consulter, et quelles questions poser ?
- Se faire infiltrer le genou en Turquie
L'arthrose du genou (gonarthrose) touche de très nombreuses personnes après 50 ans. Quand les antalgiques ne suffisent plus, l'infiltration, c'est-à-dire l'injection d'un produit directement dans l'articulation, est souvent proposée. Corticoïdes, acide hyaluronique, PRP, cellules souches : les options se multiplient, et les promesses aussi.
Cet article fait le point sur le sujet. Il précise à quoi sert chaque type d’infiltration, ce que montrent réellement les études, quels sont les risques et comment s’y préparer. Il présente également les alternatives. L’objectif est de vous aider à préparer votre discussion avec votre médecin, sans se substituer à un avis médical.
Qu’est-ce que la gonarthrose ?
La gonarthrose est une maladie chronique de l'articulation du genou. Le cartilage s'use progressivement. L'os sous-jacent, la membrane synoviale et les tissus autour de l'articulation sont aussi touchés. Elle se distingue de l'arthrite, qui est une inflammation d'origine rhumatismale ou infectieuse.
Une certaine usure du cartilage accompagne le vieillissement. On parle de gonarthrose lorsque cette usure devient symptomatique : douleur à l'effort, raideur au réveil, gonflement, gêne dans les escaliers ou à la marche. On la classe en stades léger, modéré et sévère. Le stade visible à la radio ne reflète pas toujours l'intensité des douleurs. Certaines personnes ayant une arthrose légère souffrent beaucoup, et d'autres, avec une arthrose avancée, beaucoup moins.
Objectif du traitement : soulager et préserver la fonction
À ce jour, aucun traitement ne restaure le cartilage usé. L'objectif est de réduire la douleur, de maintenir la mobilité et d'améliorer la qualité de vie. Le choix dépend :
- du stade de l'arthrose et de l'état de l'articulation ;
- des symptômes (douleur, raideur, limitation) ;
- de l'état de santé général et des autres maladies (diabète, troubles de la coagulation, etc.) ;
- du mode de vie, de la profession et des activités sportives ;
- de l'âge biologique (état de santé global) plus que de l'âge sur le papier.
Aux stades avancés, la prothèse de genou reste le seul traitement qui remplace l'articulation abîmée. Certains patients ne peuvent pas ou ne souhaitent pas être opérés, et les infiltrations font alors partie des options pour gagner en confort.
L'infiltration du genou : en quoi consiste-t-elle ?
Il s'agit d'injecter un produit dans l'articulation à l'aide d'une aiguille fine. Le geste est réalisé après désinfection rigoureuse de la peau, avec ou sans guidage par échographie. Il dure quelques minutes et se fait généralement avec une anesthésie locale ou une simple anesthésie cutanée. Aucune hospitalisation n'est nécessaire.
Dans quels cas est-elle envisagée ?
- douleurs persistantes malgré le traitement de base (exercice, antalgiques, anti-inflammatoires locaux ou oraux) ;
- arthrose à un stade léger à modéré ;
- poussée douloureuse avec épanchement (« genou qui gonfle ») ;
- impossibilité ou refus d'une chirurgie.
Les recommandations insistent sur une décision partagée entre le patient et son médecin, en tenant compte des préférences, des risques et des autres maladies.
Les principaux types d'infiltration : bénéfices, limites et statut des preuves
1. Les corticoïdes (cortisone)
Ce sont des anti-inflammatoires puissants. L'ACR (American College of Rheumatology) recommande fortement les injections intra-articulaires de glucocorticoïdes dans l'arthrose du genou et/ou de la hanche, les essais ayant montré une efficacité à court terme.
Les nuances à connaître :
- Une revue Cochrane de 2015 conclut que l'existence de bénéfices cliniquement importants entre une et six semaines reste incertaine, compte tenu de la qualité globale des preuves.
- Les recommandations américaines notent aussi qu'il n'existe pas assez de données pour choisir entre préparations à action courte ou prolongée, ni entre faibles et fortes doses.
- Un essai randomisé publié dans JAMA a comparé une injection de triamcinolone tous les trois mois pendant deux ans à du sérum physiologique. Le groupe corticoïde a perdu significativement plus de cartilage, sans différence notable sur la douleur. L'essai est de taille modeste (140 patients) et son protocole, avec des injections répétées, ne reflète pas toujours la pratique courante. C'est néanmoins un argument pour éviter les injections trop fréquentes.
Durée d'action : elle est généralement de quelques semaines. Elle peut aller jusqu'à quelques mois chez certains patients, et l'effet est très variable d'une personne à l'autre.
2. L'acide hyaluronique (viscosupplémentation)
Ce composant naturel du liquide articulaire est injecté pour améliorer la lubrification et l'amorti. Les avis divergent sur son intérêt.
Une méta-analyse du BMJ (2022), portant sur les grands essais contre placebo, conclut que la viscosupplémentation entraîne une petite réduction de la douleur, inférieure à la différence minimale cliniquement importante. Elle relève aussi un risque plus élevé d'événements indésirables graves que sous placebo (risque relatif de 1,49). Ses auteurs estiment que les résultats ne soutiennent pas un usage large.
D'autres sociétés savantes, comme l'ESCEO, la proposent à certains stades de leurs algorithmes. Les recommandations ne sont pas unanimes, et le médecin décidera au cas par cas. Lorsqu'elle est bénéfique, l'action est progressive et peut durer plusieurs mois.
3. Le PRP (plasma riche en plaquettes)
Le plasma riche en plaquettes est préparé à partir de votre propre sang, après une prise de sang et une centrifugation. Comme il est autologue, les risques d'allergie sont faibles.
Plusieurs méta-analyses d'essais randomisés, dont une publiée en 2025, évaluent le PRP dans l'arthrose du genou, surtout aux stades léger à modéré. Les résultats semblent souvent favorables par rapport à l'acide hyaluronique ou au placebo. La grande hétérogénéité des protocoles (concentration en plaquettes, nombre d'injections, méthode de préparation) rend toutefois les comparaisons difficiles. Il est prudent de parler d'un bénéfice possible sur les symptômes, sans preuve d'effet régénérateur sur le cartilage. Le PRP est aussi en général non remboursé.
4. Les cellules souches mésenchymateuses : une approche expérimentale
Ces cellules, prélevées dans la graisse ou la moelle osseuse, sont injectées dans l'articulation. Le mécanisme supposé n'est pas de « remplacer » le cartilage. Elles libèrent des facteurs de croissance et modulent l'inflammation.
Il faut être clair : cette approche reste expérimentale dans l'arthrose du genou.
- Une revue systématique du groupe ESSKA conclut que ces injections apportent une amélioration clinique à court terme, mais que les preuves sont limitées.
- Une méta-analyse de 2025 estime que les facteurs contextuels (effet placebo) sont le principal moteur de l'amélioration symptomatique, à hauteur d'environ 60 à 63 %. Cela n'exclut pas un potentiel biologique, mais rappelle que les preuves sont encore insuffisantes.
- Les produits, les doses et les cadres réglementaires varient beaucoup d'un pays à l'autre. Demandez systématiquement d'où proviennent les cellules, comment elles sont préparées et si l'acte s'inscrit dans un protocole de recherche.
Ce que les infiltrations ne font pas
L'article d'origine suggérait que les infiltrations « freinent la progression de l'arthrose ». Ce n'est pas démontré. Elles agissent sur les symptômes et peuvent, en soulageant, vous aider à rester actif. Aucune infiltration n'a prouvé qu'elle préserve le cartilage ou retarde le besoin d'une prothèse. Pour les corticoïdes répétés, une étude évoque même l'inverse.
Risques, effets secondaires et contre-indications
Une infiltration est un geste courant et généralement bien toléré, mais elle n'est pas anodine.
Effets fréquents et bénins
- douleur transitoire au point d'injection ou « réaction inflammatoire » pendant 24 à 72 heures (fréquente avec l'acide hyaluronique et le PRP) ;
- petit hématome ;
- avec les corticoïdes : rougeur du visage (bouffée de chaleur) et, chez les diabétiques, élévation passagère de la glycémie durant quelques jours.
Complications rares mais graves
- infection articulaire (arthrite septique), exceptionnelle mais urgente, qui nécessite une prise en charge immédiate ;
- réaction allergique ;
- avec les corticoïdes répétés : fragilisation des tissus voisins (tendons, cartilage) ;
- avec l'acide hyaluronique : réactions inflammatoires intenses (« pseudo-septiques ») chez certains patients ; des événements indésirables graves ont été plus souvent rapportés que sous placebo dans la méta-analyse du BMJ.
Contre-indications ou précautions
- infection en cours, notamment de la peau près du genou, ou suspicion d'infection de l'articulation ;
- fièvre ou syndrome infectieux non expliqué ;
- allergie connue au produit ;
- troubles de la coagulation non contrôlés ; selon les recommandations EULAR [4], un traitement anticoagulant ou antiagrégant n'est pas en soi une contre-indication, sauf risque hémorragique élevé, à discuter avec le médecin ;
- diabète mal équilibré (surtout pour les corticoïdes) ;
- prothèse de genou ou chirurgie récente : avis spécialisé indispensable ;
- grossesse et allaitement : à discuter.
Consultez rapidement si, après une infiltration, vous avez de la fièvre, un genou très rouge, chaud ou gonflé, ou une douleur croissante au-delà de 48 à 72 heures.
Avant, pendant et après l'infiltration
Avant
- Apportez vos radiographies ou IRM, la liste de vos médicaments (anticoagulants notamment) et vos antécédents d'allergie.
- Signalez tout diabète, toute infection récente ou toute fièvre.
- Pour le PRP, suivez les consignes éventuelles : hydratation, arrêt temporaire de certains anti-inflammatoires selon l'avis médical.
Pendant
- Le geste dure quelques minutes. Vous êtes installé allongé ou assis, la peau est désinfectée, et vous ressentez une pression ou une brève piqûre.
- Le guidage échographique améliore la précision du placement, surtout si le genou est peu gonflé.
Après
- Ménagez le genou durant 24 à 48 heures : évitez le sport, les longues stations debout et les charges lourdes. Une marche douce reste bienvenue.
- Une poche de froid peut soulager en cas de réaction.
- Surveillez les signes d'alerte.
- Reprenez progressivement les exercices. C’est une période idéale pour reprendre l’activité physique, lorsque la douleur s’est atténuée.
- Prévoyez un bilan à 4 à 6 semaines pour évaluer le bénéfice réel, à noter par exemple sur une échelle de 0 à 10.
Si vous vous faites infiltrer à l'étranger : conservez le nom et la composition du produit, la date, le nom du médecin et les consignes remises, puis transmettez-les à votre médecin habituel. Cela permet un suivi cohérent, notamment pour espacer les injections.
Les alternatives et compléments aux infiltrations
Les recommandations internationales placent en premier les mesures non médicamenteuses :
- Exercice physique adapté (renforcement musculaire, vélo, marche, natation, tai-chi) : recommandé de façon forte par l'ACR ;
- Perte de poids en cas de surpoids : chaque kilo perdu réduit la charge sur le genou, et l'ACR la recommande fortement ;
- Kinésithérapie et programmes d'éducation thérapeutique ;
- Aides techniques : canne, semelles, genouillère selon l'atteinte ;
- Traitements médicamenteux : paracétamol, anti-inflammatoires locaux (gels) ou oraux sur de courtes périodes et selon les risques, sur avis médical ;
- Chirurgie : arthroscopie dans certaines indications précises, ostéotomie chez le sujet jeune avec déviation de l'axe, prothèse partielle ou totale aux stades avancés.
Quand consulter, et quelles questions poser ?
Prenez un avis médical si votre douleur dure depuis plusieurs semaines, si elle vous réveille la nuit, si le genou gonfle ou se bloque, ou si vos activités sont limitées. Avant d'accepter une infiltration, vous pouvez demander :
- Quel produit exactement, et pourquoi celui-là dans mon cas ?
- Quel bénéfice réaliste, et pendant combien de temps ?
- Quels sont les risques et les contre-indications me concernant ?
- Quelle fréquence maximale d'injections ?
- Quelles alternatives ou compléments (kiné, poids, exercice) me conseillez-vous ?
Se faire infiltrer le genou en Turquie
La Turquie accueille de nombreux patients internationaux en orthopédie et en rhumatologie. Turquie Santé vous met en relation avec des cliniques et médecins partenaires, pour un parcours plus simple et plus clair.
Comment ça se passe
- Avis médical gratuit à distance. Vous envoyez votre dossier (radiographies, IRM, comptes rendus), et un médecin partenaire évalue si une infiltration est adaptée à votre cas. Il peut aussi vous orienter vers une autre option, comme la kinésithérapie ou la prothèse, si elle est plus pertinente.
- Devis personnalisé et choix de la clinique. Le produit proposé, le nombre d'injections et les modalités vous sont expliqués avant tout déplacement.
- Prise en charge sur place. L'infiltration se fait généralement en consultation, sous contrôle échographique, et dure quelques minutes. Selon votre situation, elle peut être associée à un bilan complémentaire (IRM, consultation d'orthopédie ou de rhumatologie).
- Suivi après votre retour. On vous remet un compte rendu avec le produit utilisé, la date et les consignes, pour que votre médecin habituel puisse assurer la suite.
Pourquoi c'est utile
- Un interlocuteur francophone, du premier avis jusqu'au suivi.
- Un accès à des spécialistes de l'arthrose du genou, y compris si une prothèse devient un jour nécessaire.
- Des options comme le PRP, proposées dans des centres qui en font régulièrement.
Besoin d'un avis médical personnalisé ?
Nos médecins partenaires vous répondent en ligne sous 24h, gratuitement.
