Une hystérectomie consiste à retirer l’utérus, mais elle n’implique pas nécessairement l’ablation des ovaires. Lorsque la maladie traitée et le profil de la patiente le permettent, notamment avant la ménopause, leur conservation est privilégiée. En revanche, certaines situations (cancers gynécologiques, risque génétique élevé ou formes sévères d’endométriose) peuvent conduire à recommander leur retrait.
La conservation ou l’ablation des ovaires a un impact direct sur l’équilibre hormonal, la santé osseuse et cardiovasculaire, ainsi que sur le risque de ménopause précoce lorsque les deux ovaires sont retirés.
Si vous envisagez de réaliser une hystérectomie en Turquie, la question de la conservation des ovaires doit être au cœur de votre consultation préopératoire avec le chirurgien-gynécologue. La décision finale dépendra de votre âge, de vos antécédents médicaux et de votre profil de risque individuel.
Hystérectomie et ovaires : quelle différence ?
L’hystérectomie consiste à retirer l’utérus, tandis que l’ovariectomie (ou annexectomie) désigne le retrait des ovaires. Ce sont deux gestes chirurgicaux distincts, qui peuvent être réalisés indépendamment ou combinés au cours d'une même intervention :
- Hystérectomie totale : ablation du corps de l’utérus et du col de l'utérus.
- Hystérectomie subtotale : ablation du corps de l’utérus uniquement (le col est conservé).
- Hystérectomie avec conservation ovarienne : l’utérus est retiré, mais un ou deux ovaires sont maintenus en place.
- Hystérectomie avec salpingo-ovariectomie (totale ou unilatérale) : ablation de l’utérus, des trompes de Fallope et d'un ou des deux ovaires.
Même après l’ablation de l’utérus, les ovaires conservent un rôle essentiel. Si les règles cessent et qu'une grossesse naturelle n'est plus possible, des ovaires maintenus en place continuent généralement à produire des hormones (œstrogènes et progestérone). Celles-ci contribuent à la santé osseuse et au bien-être général, évitant ainsi une ménopause chirurgicale immédiate chez la patiente non encore ménopausée.
Peut-on garder les ovaires lors d’une hystérectomie ?
Oui. Lorsque la pathologie traitée est bénigne et qu’il n’y a pas de raison médicale de les retirer, la conservation des ovaires est généralement privilégiée, en particulier chez les femmes non ménopausées. Les recommandations médicales actuelles en gynécologie préconisent de préserver les ovaires sans indication spécifique chez les patientes à risque moyen.
Quand la conservation est souvent privilégiée
La conservation est souvent recommandée en cas de :
- Fibromes utérins, lorsque les ovaires sont sains.
- Adénomyose, si aucune autre indication ne justifie leur ablation.
- Saignements utérins abondants résistants aux traitements, lorsque l’hystérectomie est indiquée.
- Prolapsus des organes pelviens, lorsque l’hystérectomie fait partie du traitement.
- Certaines formes d’endométriose, selon la localisation des lésions et leur étendue.
La conservation est particulièrement importante à discuter chez les femmes jeunes, car les hormones ovariennes contribuent notamment à la santé osseuse et au bien-être général. Le choix dépend également de l’état des ovaires, des antécédents personnels et familiaux et du risque individuel de cancer. Même lorsque les ovaires sont conservés, leur fonction peut parfois diminuer plus tôt après l’intervention.
Quand l’ablation est recommandée
Le retrait d’un ou des deux ovaires peut être envisagé lorsque les bénéfices attendus dépassent les risques liés à la perte de leur fonction hormonale. Selon le diagnostic, les situations concernées peuvent inclure :
- Cancer de l’ovaire, des trompes ou de l’endomètre (selon le type et le stade).
- Mutation génétique à haut risque (BRCA1, BRCA2, syndrome de Lynch) : une ablation préventive est discutée, à un âge adapté à la mutation, avec un oncogénéticien.
- Endométriose sévère avec atteinte des ovaires (endométriomes), lorsque les lésions ne peuvent être traitées autrement ;
- Masse ovarienne suspecte ou kyste complexe ;
- Abcès pelvien ou infection sévère touchant l’ovaire ;
- Ovaires déjà lésés (torsion, lésions étendues).
Ces situations ne justifient pas toutes systématiquement l’ablation des deux ovaires. La décision dépend du diagnostic, de la possibilité de préserver les tissus et des risques propres à chaque patiente.
Cas particuliers
- Après la ménopause : les ovaires ne produisent presque plus d’hormones. Leur ablation peut être discutée pour réduire le risque de cancer de l’ovaire, en pesant les bénéfices, les risques et l’état général.
- Cancers précoces chez une femme jeune (col de l’utérus, endomètre) : la conservation ovarienne peut parfois être discutée par une équipe oncologique, selon le type, le grade et le stade. Elle n’est jamais systématique.
- En présence d’antécédents familiaux de cancer du sein ou de l’ovaire : une consultation d’oncogénétique peut aider à préciser le risque individuel et à déterminer si des mesures préventives particulières sont indiquées.
Que se passe-t-il si les ovaires sont conservés ?
Conserver ses ovaires, c’est maintenir le « moteur » hormonal de son corps en activité. Si l'hystérectomie met fin à la fertilité et aux règles, elle ne vous fait pas basculer du jour au lendemain dans la ménopause : votre organisme continue de bénéficier de ses hormones naturelles.
Les avantages principaux :
- Maintien de la production hormonale : si les deux ovaires fonctionnent normalement, vous évitez la ménopause chirurgicale immédiate liée à leur ablation, qui peut provoquer des bouffées de chaleur et des troubles de l’humeur.
- Des bénéfices pour la santé à long terme : les hormones ovariennes contribuent notamment au maintien de la santé des os et à la santé cardiovasculaire.
Limites à connaître :
- La ménopause peut survenir un peu plus tôt : certaines études suggèrent que la fonction ovarienne peut décliner plus tôt après hystérectomie, même avec ovaires conservés.
- Sans règles, la ménopause est plus difficile à repérer : il faut surveiller les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil, la sécheresse vaginale.
- Les ovaires restent exposés à des kystes ou à une maladie ovarienne, qui peuvent nécessiter un suivi, voire une chirurgie ultérieure.
- Le risque de cancer de l’ovaire n’est pas supprimé. Il n’existe pas de dépistage fiable en population générale : tout symptôme persistant (douleurs pelviennes, ballonnements, troubles digestifs inhabituels) doit être signalé.
Que se passe-t-il si les ovaires sont retirés ?
Retirer les deux ovaires (ovariectomie bilatérale) avant la ménopause stoppe net la production d'hormones. L'organisme bascule alors dans une ménopause chirurgicale immédiate.
Un changement hormonal brutal
Contrairement à la ménopause naturelle qui s'installe très progressivement, les symptômes peuvent apparaître du jour au lendemain et être plus intenses :
- Symptômes physiques : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes et sécheresse vaginale.
- Qualité de vie : troubles du sommeil, sautes d'humeur et baisse de la libido.
- Santé à long terme : perte osseuse plus rapide et baisse de la protection cardiovasculaire.
La réponse médicale : Le traitement hormonal (THM)
Pour soulager ces manifestations et protéger votre santé, un traitement hormonal de la ménopause peut être proposé :
- Un traitement simplifié : L'utérus ayant été retiré, le traitement repose généralement sur des œstrogènes seuls (sans besoin d'ajouter de la progestérone).
- Une évaluation individuelle : Il est fortement recommandé chez la femme jeune, sauf en cas de contre-indication (comme un antécédent de cancer hormonodépendant).
Et les trompes de Fallope ? La salpingectomie opportuniste
Lors d'une hystérectomie avec conservation des ovaires, le chirurgien peut vous proposer de retirer uniquement les trompes de Fallope : c'est ce qu'on appelle une salpingectomie opportuniste.
Pourquoi retirer les trompes tout en gardant les ovaires ?
- Prévention du cancer : Les recherches scientifiques récentes montrent qu'une grande partie des cancers dits « de l'ovaire » prennent en réalité naissance dans la paroi des trompes.
- Préservation hormonale intacte : Retirer les trompes n'impacte pas la production d'hormones par les ovaires. Vous conservez tous les bénéfices de vos ovaires tout en réduisant potentiellement le risque de cancer ovarien ultérieur.
Cette option ne s'applique pas systématiquement à toutes les patientes. Elle fait partie des arbitrages à discuter avec votre chirurgien-gynécologue lors de la consultation préopératoire.
Comment décider ? Les critères à discuter
| Critère | Ce que le médecin évalue |
| Âge / statut hormonal | Avant ou après la ménopause |
| Maladie traitée | Bénigne ou cancéreuse, stade, type |
| Aspect des ovaires | Examen, échographie, IRM, bilan avant l’opération |
| Antécédents familiaux | Cancer du sein, de l’ovaire, mutation connue |
| Contre-indications hormonales | Antécédents qui limiteraient un traitement de la ménopause |
| Souhaits de la patiente | Information éclairée et consentement |
Questions à poser avant l’opération :
- Mes ovaires seront-ils conservés ? Pourquoi ou pourquoi pas ?
- Que se passera-t-il si vous constatez une anomalie pendant l’intervention ? Quelle est ma décision à l’avance ?
- Dois-je faire un bilan génétique ?
- Quel suivi gynécologique après l’opération ?
- Quelle sera la stratégie en cas de ménopause précoce ?
Faites écrire votre décision dans le consentement. Vous n’avez pas à vous en remettre à une décision prise sans vous pendant l’intervention.
Comment Turquie Santé vous accompagne ?
L’avantage de passer par une équipe spécialisée est de pouvoir discuter de la conservation des ovaires avant le départ, sur la base de vos examens (échographie, IRM, bilans, éventuel bilan génétique).
Selon votre situation, Turquie Santé peut intervenir sur :
- L’analyse de votre dossier médical et un avis médical ;
- La mise en relation avec des spécialistes partenaires en gynécologie ;
- L’organisation des examens ;
- La traduction des documents et l’interprète ;
- Les transferts, l’hébergement et l’accompagnement pendant le séjour ;
- La coordination du suivi après le retour.
Un avis médical permet de vérifier si l’hystérectomie est indiquée, quelles alternatives existent, et si la conservation des ovaires est envisageable dans votre cas.
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